PASCALINE METZGER : “JE SUIS PERSUADÉE QUE LA COURSE RALENTIT MON PARKINSON”

Article paru sur l’excellent site malades de sport  en septembre 2018 :

Pascaline Metzger a 48 ans. Depuis 3 ans, elle vit avec la maladie de Parkinson. Sur les conseils de son médecin, elle se lance dans la course à pied et devient représentante d’une association contre cette maladie neuro-dégénérative. Elle témoigne.

En février 2015, je passe plusieurs examens à cause d’une douleur à l’omoplate. Je finis chez un neurologue et le diagnostic tombe : la maladie de Parkinson. C’est un coup dur. Je ne tremble pas ; mon principal symptôme est l’akinésie, c’est-à-dire que je souffre d’un ralentissement de mon bras droit et j’éprouve des difficultés à écrire. Dès le rendez-vous suivant, le spécialiste me dit : « Je veux que vous pratiquiez un sport et que vous vous investissiez dans ce sport. » Il dit que ça m’occupera l’esprit. Plus jeune, j’avais un faible pour la course à pied, que je n’avais jamais vraiment pratiquée, par manque de motivation.

Et c’est malade que j’ai commencé. Seule, d’abord, sans trop savoir comment m’y prendre, en cherchant des renseignements à droite à gauche. Je finis par m’inscrire dans un club, ce qui m’a beaucoup aidé.  Mais, souffrant également d’incontinence urinaire, j’ai dû arrêter 4 mois pour faire une rééducation du périnée. Une pause synonyme de déception et de déprime. En parallèle, j’ai commencé par chercher une association qui me correspondait. J’ai trouvé « Vaincre Parkinson », dont la devise est « Courir avec le cœur pour atteindre des sommets ». Après ma reprise, je me lance sur une première course de 5 km. Je suis stressée, je me demande si je vais être à la hauteur, si ça va me plaire… Et je trouve ça génial ! En changeant de club, un coach me prend en main : je cours avec lui 2 matins par semaine, fais du fractionné, du gainage… Petit à petit, j’augmente ma vitesse, si bien que je vise l’objectif de passer sous l’heure sur un 10 km. Et je me lance des défis : je veux avancer malgré ma maladie. Un premier trail, un deuxième, un troisième… à la fin duquel je fais un malaise vagal ; l’effort est chaque fois plus important.

Je suis désormais la représentante de l’association pour la région Grand Est. Cela me fait du bien de m’investir, de faire avancer les choses en parlant de cette maladie et en aidant les personnes isolées.

« Je continue de faire des courses et faire connaître l’association, mais m’aperçois qu’il est difficile de transmettre ce message de sport, car les gens ont peur de la maladie. »

En septembre prochain, Daniel Hiegel, coureur à pied, va parcourir l’Alsace en courant 446 kms en 8 étapes. Il va réaliser ce grand défi physique pour porter un message et sensibiliser le grand public sur la maladie. Il en profitera également pour récolter des fonds, reversés à la recherche contre Parkinson au CHU de Lille. J’espère l’accompagner sur plusieurs kilomètres et participer, à ma façon à ce défi, en fonction de mes moyens.

 

Car malheureusement, la maladie évolue. Après le bras, c’est le pied qui est touché et là c’est plus gênant. Tous les matins, je fais de la dystonie, c’est-à-dire que j’ai des torsions incontrôlables des orteils.  Ce qui me pose des problèmes pour à la course : parfois il me faut plusieurs kilomètres pour que mon pied droit se pose à plat. Alors je cours avec le pied de travers, ce qui me créé des ampoules. Mais je me bats, je n’abandonne pas, je lutte. La motivation est toujours présente. D’autres symptômes me sont apparus, comme la dyskinésie. Il m’arrive d’avoir des mouvements incontrôlables du bras et de la jambe. C’est très impressionnant à vivre. Tant que je pourrais, je continuerai la course à pied et je me fixe des objectifs qui m’aident.

Le 30 juin 2018, j’ai fait une course de Burnhaupt où l’organisateur est venu me voir et me proposait de reverser un euro à l’association pour chaque inscription. Pour moi, c’était le début d’une grande aventure.

La famille est très importante. Mon mari, photographe amateur, adore me prendre en photos lors de mes courses. Il m’encourage et me suit partout, ce qui très agréable, quand on sait que beaucoup de couples se séparent à cause de la maladie et de son acceptation.

Pour finir, la course à pied est vraiment pour moi un remède et je suis persuadée que cela ralentit la maladie. Même si parfois, il y a des jours où j’ai un peu de mal, mais je retourne courir, je n’abandonnerais pas, ce n’est pas dans ma nature.

 

Article paru sur l’excellent site malades de sport  en septembre 2018. 

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SPORT SUR ORDONNANCE : POURQUOI ÇA BLOQUE, DOC’ ?

Article paru sur le site malades de sport  en juillet 2018 :

Les Dr Bruno Burel, Alain Daireaux et Joffrey Drigny ont participé à l’élaboration du sport sur ordonnance à Caen. Ils relèvent les freins qui existent, de manière générale, à la mise en place de ce type de dispositif.

 

“Donner un conseil, ça ne prend pas de temps. Mais dès qu’on passe à l’écrit…” Le Dr Bruno Burel, médecin généraliste, sait de quoi il parle : au sein de l’Union normande des médecins libéraux (URML), dont il est secrétaire général adjoint, il en rencontre beaucoup, des confrères qui ont du mal à prescrire de l’activité physique à leurs patients, comme ils sont encouragés à le faire depuis la loi de janvier 2016. L’URML a pour objectif de les sensibiliser, lors de soirées de formation, de journées de Développement professionnel continu (DPC) ou de tables rondes en comités restreints.

“Beaucoup nous disent que c’est chronophage, que ce n’est pas remboursable… Que voulez-vous qu’on réponde ? On dit : ≪ C’est exact, docteur ! ≫”

Le plus gros frein, c’est le décret lui-même qui l’a créé : la classification des professionnels de santé selon les limitations fonctionnelles, assure le Dr Burel d’une voix toujours calme : “Ce n’est pas la peine de faire quelque chose si c’est pour faire quelque chose d’aussi compliqué !”

D’autant qu’une grande majorité de praticiens déclarent déjà prescrire – au moins oralement – de l’AP : 80 %, selon un sondage réalisé par le Quotidien du médecin en novembre 2015, au moment du débat au Parlement sur la loi, rappelle le généraliste. “La prescription papier suscite beaucoup d’interrogations. Sauf dans les villes avec un dispositif de sport sur ordonnance, qui ne demande que quelques cases à cocher et propose d’appeler un numéro unique”, reconnaît-il. Plus d’une cinquantaine de municipalités sont recensées à ce jour. Pour pallier ce manque dans les autres communes, des aides se développent : le Dr Burel fait partie du réseau des médecins normands en activité physique thérapeutique (Ménapt), par exemple, créé en 2018 et piloté par l’URML. “La volonté du réseau n’est pas de dire que ce qu’ils font est mieux, mais de permettre aux médecins traitants de se référer à quelqu’un en cas de difficulté”, explique le Dr Joffrey Drigny, spécialiste en médecine physique et de réadaptation au CHU de Caen. En parallèle, un guide devrait être élaboré, avec l’ARS et la DRDJSCS, pour aider les territoires qui le souhaitent à mettre en place des dispositifs de sport sur ordonnance. “Nous nous baserons sur le dernier document de l’Onaps (Observatoire nationale de l’activité physique et de la sédentarité), pour adapter des solutions aux petites structures et à la Normandie”, précise le Dr Burel.

 

SOIGNER LES MOTS

Mais la première des solutions semble être, évidemment, la formation des médecins… et des autres professionnels concernés, car il est souvent difficile pour les généralistes de savoir vers qui envoyer son patient. “J’essayais de convaincre mes étudiants, futurs professeurs d’EPS, de ne pas laisser leurs élèves avoir une dispense à l’année, illustre le Dr Alain Daireaux, médecin généraliste conseiller à la DRDJSCS, anciennement maître de conférence en anatomie. J’avais beau être insistant, certains préfèreront toujours les dispenses complètes pour ne pas avoir à adapter leurs cours à certains élèves…” Avec l’effet d’aubaine, des formations fleurissent : une filière universitaire Apas (qui va depuis peu jusqu’au master), un DU d’éducation thérapeutique malheureusement “non professionnalisant”, bientôt des formations sport-santé au sein des fédérations sportives, comme le souhaite le Comité national olympique et sportif français (CNOSF)“La DRDJSCS réfléchit à introduire de la sensibilisation à l’Apa dans les cursus des organismes de formation professionnelle du sport et de l’animation, et je pense que le ministère des Sports fait de même. Il faut d’abord réfléchir à comment colorer les maquettes existantes ; la 2e étape sera de travailler sur la formation continue”, affirme le Dr Daireaux.

 

Le Dr Joffrey Drigny a proposé les 10 commandements de la prescription d’activité physique, “c’est-à-dire ce qu’il faudrait faire pour prescrire. Je veux bien croire que le médecin traitant n’en a pas le temps !”

 

Il faut, en quelque sorte, penser de manière globale, c’est-à-dire activer tous les leviers qui permettent d’intégrer de façon pérenne et automatique l’AP dans le parcours de soin. Car aujourd’hui encore, l’idée reçue qui veut que maladie rime avec repos a bien du mal à disparaître. D’autant que le mot ‘sport’ lui-même fait peur : “Dans l’esprit des gens, ça rime avec blessures, dopage, mort subite”, témoigne le Dr Daireaux, ancien médecin du sport. Il se rappelle le sondage réalisé en pleine réflexion sur le dispositif caennais de sport sur ordonnance : “Lorsqu’on a demandé aux médecins de ville s’ils connaissaient les bienfaits de l’AP, ils ont répondu oui. Mais à la question : ≪ Enverriez-vous vos malades vers des clubs sportifs ? ≫, la réponse a été sans appel : ≪ Non, ces cons-là vont leur faire faire du sport ! ≫ En réalité, l’activité physique, c’est tout ce que l’on fait quand on ne fait pas rien. C’est la définition que je donne aux directeurs d’Ehpad, qui disent que la gym douce n’est pas de l’AP, poursuit-il avec des yeux rieurs. Ce qu’on appelle ‘sport’ est surtout une activité organisée en fédération.”

 

UN INVESTISSEMENT RENTABILISÉ PAR 3

Il plaide pour pour le développement d’un “état d’esprit” autour de l’ouverture de créneaux sport-santé : “Il ne suffit pas de créer une séance pour  diabétiques, il faut aussi un discours, des encadrants capables d’accompagner les gens dans leur vie de tous les jours”, appuie-t-il.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : faire entrer à nouveau l’AP dans le quotidien de tous, autonomiser la pratique, sortir tout un chacun de la sédentarité qui devient le fléau du siècle.

Mais cela implique une vision politique… sur le long terme, soit une durée bien souvent trop importante pour intéresser les élus, estime le jeune Dr Drigny. Pourtant, il apparaît que favoriser la pratique permettrait de réduire les dépenses de santé. “Une étude anglaise montre qu’1 livre investie dans le champ de l’AP permet d’économiser 3 livres dans les dépenses de santé”, avance le spécialiste. Ces investissements, c’est l’aménagement de pistes cyclables qui assurent vraiment la sécurité des cyclistes, c’est l’installation de salles de sport – et de vestiaires – dans les entreprises…

En France, s’il existe plusieurs études montrant les économies potentielles réalisées grâce à la pratique de l’AP, il reste très compliqué de réaliser celle d’envergure qui mettrait tout le monde d’accord. “Le volet médico-économique est difficile à étudier car il sous-entend qu’on connaisse les dépenses de dossier – donc que l’on dispose des informations des Caisses primaires d’Assurance maladie – mais aussi que l’on ait accès aux données de consommation de soins – ce qui soulève des problèmes éthiques.” Et que l’on compare un grand nombre de données en distinguant bien les pathologies : “Quelqu’un qui a une pathologie de l’appareil locomoteur très invalidante dans sa vie quotidienne ne va pas forcément consommer beaucoup d’antalgiques”, donne pour exemple Joffrey Drigny. Au final, si tout le monde semble s’accorder sur les bienfaits de l’AP, le chemin est encore long : il faut apprendre à travailler ensemble, sans chercher à tirer la couverture à soi ; il faut transformer des habitudes, prendre le temps d’apprendre, savoir demander de l’aide, accepter d’être convaincu, fournir des efforts longs, investir, et toujours garder à l’esprit que les résultats ne seront pas visibles immédiatement. Mais cela en vaut la peine.

 

Article paru sur le site malades de sport  en juillet 2018. 

Êtes-vous trop sédentaire ?

Article publié le 07 mai 2018 par OUEST FRANCE

Et si on bougeait plus pour être en forme avant l’été ? L’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) estime que l’on est « sédentaire » au-delà de sept heures passées assis ou allongé dans une journée… Ce serait le cas de 70 % des Français !

Au travail ou à la maison, nous sommes de plus en plus sédentaires. Lire ou écrire en position assise ou allongée, regarder la télévision ou jouer à un jeu vidéo, travailler sur ordinateur ou « surfer » sur Internet, être passager dans une voiture : autant de situations où notre niveau d’activité physique est au plus bas.

Un adulte consacre, en moyenne, 4 heures 38 par jour à des activités sédentaires, y compris à son travail, selon le Baromètre santé nutrition publié par Santé publique France en 2008. Si aucune étude d’une telle ampleur n’a été menée récemment, de nombreux indices recensés par l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps), organisme créé par le ministère des Sports, indiquent que ce temps augmente.

La sédentarité consiste en une situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique faible, en position assise ou allongée. (Photo d’illustration : Fotolia)

On sait que la sédentarité entraîne des risques pour la santé, notamment pour le cœur et les artères. En revanche, il est pour l’instant difficile de dire à partir de combien d’heures passées sans bouger, ou presque, on peut considérer un individu comme sédentaire. Les réponses varient en fonction des chercheurs, comme nous l’avons constaté dans notre analyse de la littérature scientifique, parue en 2017 dans la revue de médecine générale Exercer. Pour savoir si vous l’êtes, sédentaire, il existe cependant un certain nombre de points de repère.

Au moins 60 % de la population sédentaire dans le monde

La sédentarité consiste en une situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique faible, en position assise ou allongée. C’est la définition retenue par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), dans son expertise collective de 2016. Le mode de vie sédentaire est typique de nos sociétés modernes où les métiers exercés, notamment, sont moins physiques. Il concernerait, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 60 à 85 % de la population mondiale.

Dans les publications scientifiques, un nombre croissant d’arguments indique que la sédentarité a, en elle-même, un effet délétère sur la santé. Même si cet état est souvent associé au surpoids ou à l’obésité, au diabète de type 2, à l’hypertension et aux troubles lipidiques, il apparaît aussi comme un facteur de risque indépendant, concourant à doubler le risque de maladie cardio-vasculaire, selon une méta-analyse parue en 2012. La sédentarité augmenterait aussi, entre autres, le risque de cancer, d’ostéoporose, de dépression et d’anxiété. Elle est reconnue par l’OMS comme l’un des dix facteurs de risque de mortalité globale.

La sédentarité, en particulier quand elle liée à des problèmes de surpoids, accroît le risque de maladies cardio-vasculaires. (Photo d’illustration : Ronaldo Schemidt / AFP)

Pourtant, il n’existe pas, à ce jour, une façon unique de mesurer cet état. La sédentarité est définie par le temps passé en dessous d’un certain seuil de dépense énergétique (inférieur ou égal à 1,5 fois la dépense énergétique de l’individu au repos). Seulement, il n’y a pas encore de durée qui fasse consensus.

L’accéléromètre, un appareil donnant une mesure objective des mouvements

Les études analysées par notre équipe étaient toutes destinées à mieux connaître le risque cardio-vasculaire associé à la sédentarité. Nous avons constaté qu’une grande variété de techniques était sollicitée pour évaluer la sédentarité des sujets. Parmi les outils de mesure objectifs, le plus fréquemment utilisé par les chercheurs est l’accéléromètre. Ce petit appareil mesure les accélérations qu’il subit. Lorsqu’il est porté par un individu, il enregistre tous ses mouvements, exprimés en nombre de « coups » – c’est-à-dire d’accélérations – par minute.

Des chercheurs ont aussi proposé d’utiliser un moniteur mesurant la fréquence du cœur (capable, donc, de repérer son augmentation quand la personne s’active), un capteur de position (debout ou assis), ou encore un suivi GPS par satellite pour estimer le temps de sédentarité passé à bord d’un véhicule.

Une autre méthode, subjective cette fois, consiste à soumettre un questionnaire aux sujets étudiés. Les personnes y déclarent le nombre d’heures consacrées chaque jour à des activités sédentaires. Cette méthode est la plus fréquemment utilisée en recherche, car elle est la plus facile à mettre en œuvre. Elle peut d’ailleurs être couplée à une mesure objective.

Tenir un carnet de bord de vos moments sédentaires

Pour évaluer votre propre situation, vous pouvez commencer par identifier les principales activités sédentaires de votre vie quotidienne, à la maison comme au travail. Vous pouvez par exemple tenir un carnet de bord, et l’utiliser pour quantifier votre sédentarité en cumulant tous vos moments sédentaires sur les sept derniers jours.

Rappelons, cependant, que ces mesures sont soumises à de nombreux biais. On peut ne plus se rappeler précisément de l’heure à laquelle on a commencé à bavarder au téléphone avec un ami, assis sur le canapé. On peut aussi minimiser (plus ou moins consciemment) son temps passé devant les écrans, pour conserver une meilleure image de soi !

On passe sans s’en rendre compte beaucoup de temps devant les écrans. (Photo d’illustration : Fotolia)

Une mesure objective de votre sédentarité pourrait reposer sur l’un de ces nombreux appareils électroniques permettant désormais, pour un coût raisonnable, d’estimer votre activité physique. Ces objets « embarqués » fixés au poignet, à la ceinture, sur la chaussure, autour du thorax ou glissés dans la poche, doivent être portés quotidiennement du lever ou coucher, voire en permanence, pour refléter fidèlement votre mode de vie.

S’aider avec son smartphone ou son bracelet connecté

Ces montres ou bracelets, souvent connectés, ainsi que certains modèles de smartphones, combinent divers outils de mesure. Ils peuvent contenir un podomètre ou un accéléromètre, parfois la géolocalisation GPS ou la mesure de fréquence cardiaque.

Ces dispositifs mesurent les mouvements dans un ou plusieurs plans de l’espace par oscillométrie (avec une bille oscillante) ou accélérométrie (grâce à des capteurs d’accélération linéaire dans les trois plans de l’espace). Les mesures sont ensuite converties en nombre de pas, en distance parcourue, voire en dépense de calories.

Les montres connectées fournissent des repères utiles pour se motiver à plus d’activité physique. (Photo d’illustration : Stephen Lam / Reuters)

Les résultats fournis par ces objets connectés ne sont pas assez fiables pour être utilisés dans la recherche médicale, mais à titre individuel, ils fournissent des repères utiles pour se motiver à plus d’activité physique. Cependant, dans leur très grande majorité, ils ne donnent pas d’estimation du temps de sédentarité. Et c’est une de leurs limites : ces appareils sont peu parlants pour les activités de faible intensité. Ils ne permettent pas non plus d’analyser la posture, c’est-à-dire de distinguer si la personne est assise ou debout.

Faire du sport ne compense pas totalement

Pour l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps), on est sédentaire au-delà de sept heures passées assis ou allongé dans une journée. C’est en tout cas le chiffre retenu dans la vidéo que cet organisme vient de diffuser sur le sujet. Alors si votre carnet de bord compte plus de sept heures par jour d’activités sédentaires, vous serez considéré comme sédentaire, ce qui serait le cas de… 70 % des Français.

Vous serez peut-être tenté, du coup, de faire davantage de sport. Ainsi, environ 1 personne sur 6 en France aurait un comportement plutôt sédentaire tout en pratiquant un niveau élevé d’activité physique, selon une étude publiée en 2016. Un profil typique est celui de l’employé travaillant 7 heures d’affilée à son bureau, 5 jours sur 7, et pratiquant 2 à 3 fois par semaine une heure de course à pied.

Les recommandations fixent un minimum de 150 minutes hebdomadaires d’activité physique modérée à intense chez les adultes. (Photo d’illustration : Fotolia)

Pratiquer un sport plus souvent n’est pas une mauvaise idée en soi… mais ce ne sera peut-être pas suffisant ! Car l’un ne compense pas complètement l’autre, du point de vue des effets sur la santé. En fait, la sédentarité se distingue, par ses effets sur notre corps, de « l’inactivité physique ». Cette dernière désigne une pratique d’activité physique insuffisante par rapport à un seuil recommandé en termes d’intensité, de durée et de fréquence.

Les recommandations françaises, calquées sur celles proposées par l’OMS en 2010, fixent un minimum de 150 minutes hebdomadaires d’activités physiques d’intensité modérée à intense, chez les adultes. On atteint ce chiffre, par exemple, quand on les pratique 30 minutes par jour, 5 jours sur 7. On peut donc être sédentaire et inactif, ce qui constitue un profil à haut risque pour la santé, ou bien sédentaire et actif, un profil intermédiaire en terme de risque. La meilleure combinaison étant, bien sûr, d’être non-sédentaire et actif…

Aussi, l’Anses comme l’Onaps recommandent à la fois de mener un mode de vie actif et de lutter contre la sédentarité. Se lever de sa chaise régulièrement dans sa journée de travail, prendre l’escalier au lieu de l’ascenseur, marcher ou prendre son vélo chaque fois que possible, bricoler, jardiner, passer l’aspirateur… tout est bon pour ne pas rester assis, ni allongé !

PAR ALINE HURTAUD, MAÎTRE DE CONFÉRENCE ASSOCIÉ DE MÉDECINE GÉNÉRALE ET MIKAËL LORIOT, MÉDECIN GÉNÉRALISTE, MAÎTRE DE CONFÉRENCE ASSOCIÉ AU DÉPARTEMENT DE MÉDECINE GÉNÉRALE (UNIVERSITÉ DE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE).

Article publié le 07 mai 2018 par OUEST FRANCE

 

 

Suède : Au pays du sport obligatoire au travail

Article publié le 28 février 2018 par le quotidien suisse Le Matin

Certains employeurs suédois obligent leurs salariés à s’entraîner chaque semaine. Objectif: productivité et convivialité

Passer une heure à la piscine sur sa pause déjeuner, rien d’étonnant dans beaucoup de pays occidentaux, mais en Suède, des employeurs poussent cette pratique à l’extrême en rendant le sport obligatoire au travail.

C’est le cas de l’entreprise publique de distribution de l’eau Kalmar Vatten ou de la marque de vêtements Björn Borg, créée par l’ancienne gloire du tennis suédois. Chaque vendredi, les employés quittent le siège stockholmois de la griffe pour un centre sportif du quartier.

Impossible d’y couper: depuis plus de deux ans, l’heure d’entraînement hebdomadaire est obligatoire, à l’initiative du directeur-général Henrik Bunge, un quadragénaire aux mensurations de lutteur bulgare.

«Si on ne veut pas faire de sport et être intégré à la culture de l’entreprise, on s’en va», pose sans ciller Henrik Bunge. Mais qu’on se rassure, personne n’a claqué la porte à cause de l’heure de sport obligatoire, ajoute-t-il. Objectif affiché: productivité, rentabilité, convivialité.

En 2014, une étude de l’Université de Stockholm montrait que transpirer pendant sa journée de travail présente des avantages pour l’employé – plus en forme et concentré – et l’employeur, avec à la clé un recul de 22% de l’absentéisme: pas négligeable dans un pays où les arrêts maladie sont deux fois supérieurs à la moyenne européenne.

Joues rosies, sourire aux lèvres, la soixantaine d’employés qui participe à la séance de yoga ce jour-là regagne le vestiaire manifestement satisfaite. «La plupart d’entre nous trouve que c’est vraiment une bonne séquence dans la semaine de travail», s’enthousiasme Cecilia Nissborg.

Nature et activités de plein-air

Les Suédois baignent dans un fond de culture luthérienne valorisant l’ascèse, l’effort et l’exercice physique par tous les temps.

«On pense qu’on est forme, fort et heureux si on bouge beaucoup en plein-air dans la nature», confie Carl Cederström, chercheur en économie à l’Université de Stockholm et auteur du «Syndrome du bien-être» qui dénonce les dangers du sport et du bien-être à tout prix. D’autant qu’«il y a cette idée que si on fait du sport et qu’on prend soin de son corps, on est une bonne personne», note-t-il.

Les Suédois s’enorgueillissent d’être le peuple le plus sportif du Vieux continent: selon l’Eurobaromètre, en 2014, 70% d’entre eux faisaient du sport de manière hebdomadaire et 51% deux à trois fois par semaine. En bas du classement, les Bulgares ne sont que 22% à s’entraîner une fois par semaine.

Chaque membre de la communauté se doit d’être en forme, un impératif qui remonte aux années 1930 lorsque prospérait le culte de la jeunesse, de la vigueur et de «l’hygiène sociale». Mais c’est aussi «un devoir vis-à-vis de son employeur», souligne le chercheur.

Golf subventionné

Depuis la fin des années 80, la plupart des entreprises subventionnent les activités sportives — du golf à l’aquagym — de leurs salariés, jusqu’à 500 euros annuels, exonérés d’impôts. Certaines organisent aussi des cours de sport sur les heures de travail.

Chez Björn Borg, Henrik Bunge affirme avoir créé un lieu de travail où l’on vit et travaille mieux. Depuis que ce projet a été lancé, tous les chiffres clés du groupe sont en hausse, avance-t-il. L’heure de sport obligatoire, en groupe le plus souvent, rapproche les différents services et permet d’estomper les relations hiérarchiques.

«Quand on rentre dans cette salle, on est tous au même niveau. Ta place dans l’entreprise n’a aucune importance, tout le monde entre comme l’égal de l’autre», se félicite Ida Lang, comptable chez Björn Borg.

Pour Carl Cederström, si cette recherche de bien-être et de performance à travers l’activité physique n’est pas propre au pays nordique, «la Suède est vraiment extrême (notamment) en ce qui concerne les entreprises qui rendent le sport obligatoire au travail».

Une pratique qu’il juge contestable. «Quand on se met à penser qu’on est une meilleure mère ou un meilleur père, un meilleur ami si on fait du sport, on peut arriver à une situation où l’on conclut que les personnes qui ne vivent pas très sainement, qui sont en surpoids ou qui fument, sont de moins bonnes personnes», déplore-t-il.

Article publié le 28 février 2018 par le quotidien suisse Le Matin

POUR LE MINISTÈRE DES SPORTS, L’ACTIVITÉ PHYSIQUE, C’EST ÉCONOMIQUE

Article publié en février 2018 sur l’excellent site Malades de Sport

De larges économies pourraient être réalisées dans les dépenses de santé publiques grâce aux politiques d’incitation à la pratique d’une activité physique. C’est ce que veut montrer une note d’analyse produite par le Bureau de l’économie du sport, intitulée “Activité physique, santé et qualité des finances publiques” et publiée mercredi 31 janvier 2018. En voici une synthèse.

D’abord, des constats. Alarmants : non seulement l’inactivité est responsable d’un million de décès par an au sein de l’Union européenne, mais près de 59 % des citoyens européens déclarent ne pratiquer que “rarement” une activité physique, voire “jamais” pour 42 % d’entre eux. La tendance s’est même aggravée en France, puisque ce premier pourcentage a augmenté de 8 points par rapport à la même étude menée en 2009, tandis que les pratiquants “réguliers” reculaient de 5 points.

Ce fléau de la sédentarité, la note SportÉco n°11 l’explique notamment par “le développement des transports et la transformation des modes de vie”. Comme un aveu, à l’épidémie d’obésité, il impute des causes qui “ne reposent pas uniquement sur les choix individuels”.

Le manque d’activité physique est évidemment pointé. Mais, et c’est d’ailleurs formulé clairement dès les premières lignes : s’il est désormais admis que l’activité physique réduit les risques associés à de nombreuses maladies chroniques, le gouvernement a besoin d’éléments économiques tangibles pour la promouvoir. D’autant plus “dans une logique d’efficacité de la dépense”. Le voilà, l’objet de ce rapport.

UN SALARIÉ ACTIF EST UN SALARIÉ PRODUCTIF

L’objectif est de “déblayer le sujet du sport-santé et d’évaluer l’impact économique de politiques de promotion de l’activité physique”, explique l’auteur, Nicolas Blanchard, chargé de mission. Pour cela, il s’est basé sur des études “pertinentes” à la méthodologie “robuste”, listées en annexe. On y trouve, par exemple, une revue de littérature du Cnaps (Conseil national des activités physiques et sportives), datée de 2008, qui chiffre “l’économie annuelle réalisée par une personne active (30 minutes de marche par jour)” à 250 €. Une autre du CEBR (Centre of economics and business research) évaluait en 2015 les coûts de la sédentarité à 80 milliards d’euros par pour l’Union européenne, dont 9,5 milliards pour la France.

Problème : ces études ne sont jamais tout à fait comparables, dans le sens où elles ne concernent pas toujours les mêmes pathologies, mais surtout qu’elles ont des approches différentes. La plus“compréhensible et transparente” serait d’identifier les pathologies pour lesquelles la sédentarité est un facteur de risque, de calculer la proportion de cas évités grâce à l’activité physique, et d’attribuer cette part aux dépenses de santé. Les coûts directs, donc (hospitalisations, consultations médicales, consommation de médicaments, dépenses d’imagerie…). On oublie ici les coûts indirects, soit “la perte de productivité lorsqu’un individu quitte son travail, de façon temporaire ou définitive”.

Car au-delà des bienfaits pour la santé, il est prouvé qu’un salarié actif est un salarié plus productif. En évoquant la nécessité de se plier aux “contraintes organisationnelles des individus”, c’est-à-dire en amenant le sport au sein même des lieux de travail, le rapport ne manque pas de souligner que “la généralisation de l’activité physique pourrait jouer un rôle important d’un strict point de vue économique, en améliorant la performance économique collective grâce à son impact présumé sur la productivité”.

17 MILLIARDS

En extrapolant une étude autrichienne à la France, le Bureau de l’économie du sport a chiffré le coût social de la sédentarité à 17 milliards € par an, dont 14 milliards pour les dépenses de santé – le reste pour les coûts indirects. Le rapport indique que “3 pathologies expliquent à elles seules la moitié de ce coût : le diabète de type II (18,6 %), le mal de dos (17,4 %) et les troubles du métabolisme (14,5 %). Le poids des maladies osseuses et des troubles mentaux interpelle également.” De quoi donner des idées au député LREM Belkhir Belhaddad, qui a préconisé, au terme d’une mission pour la commission des Affaires sociales, d’ouvrir le décret du sport sur ordonnance à d’autres pathologies ?

 

Ce graphique de la note SportÉco est tiré de l’extrapolation de l’étude autrichienne à la France. Il montre que même un faible accroissement du niveau de pratique engendre des économies.

Car les finances restent “le nerf de la guerre”, d’autant plus lorsqu’il faut faire attention au portefeuille. Les décideurs politiques font davantage attention à l’efficacité économique des dispositifs.

 

Article publié en février 2018 sur l’excellent site Malades de Sport

À Strasbourg, la ministre s’engage en faveur du sport-santé

Laura Flessel l’a annoncé il y a quelques semaines lors de la présentation de sa feuille de route : le développement du sport-santé fait partie des quatre chantiers prioritaires de son action. La ministre l’a à nouveau confirmé ce jeudi 12 octobre à l’occasion des deuxièmes Assises européennes du sport-santé sur ordonnance, à Strasbourg.

« Je suis convaincue que le sport contribue à la santé de nos concitoyens, car faire du sport, c’est prendre soin de son corps, c’est se soucier de son bien être », a indiqué Laura Flessel en ouverture de l’événement devant de nombreuses personnalités – élus, représentants d’administrations et de fédérations sportives, éducateurs sportifs, médecins, usagers… – réunies pour l’occasion au Palais de la musique et des congrès de Strasbourg. « Le sport santé est l’une de mes priorités, et je porterai l’engagement du Président de la République, Emmanuel Macron, de déployer 500 maisons du « sport-bien-être » pour la maximisation des effets du sport sur le bien-être et la santé de nos compatriotes », a poursuivi la ministre.

Cette deuxième édition des Assises européennes du sport-santé sur ordonnance était l’occasion pour les participants d’échanger sur les différentes expériences françaises et européennes et également d’explorer les pistes d’avenir pour le sport-santé pour les malades chroniques, mais également pour d’autres publics spécifiques (enfants, personnes âgées, prédiabétiques …). « Nous ne partons pas d’une feuille blanche. De nombreux dispositifs existent déjà grâce au travail des nombreux acteurs impliqués sur l’ensemble des territoires, et je les encourage vivement à poursuivre leurs efforts. Nous devons nous inspirer de cette riche expérience de terrain pour aller plus loin au niveau national », a rappelé la ministre qui a profité de sa présence à Strasbourg pour visiter des infrastructures et des associations en lien avec le sport santé.

Laura Flessel a ainsi pu échanger avec les membres de l’association Vit’Activ qui proposent notamment des séances d’activités physiques adaptées à destination des seniors ou encore des personnes atteintes de maladies et/ou douleurs chroniques. La ministre s’est ensuite rendue à l’Hôpital de la Robertsau où elle s’est vue présenter la Consultation de l’Aptitude Physique pour la Santé (CAPS) réalisée par les éducateurs médico-sportifs de l’établissement à destination de personnes déconditionnées physiquement, en raison d’un état de sédentarité, ou en raison de maladies chroniques.

Enfin, la ministre s’est rendue au Rhenus Sport , où elle a pris connaissance du projet Arena de la SIG Strasbourg.

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Article paru sur le site internet du ministère des sports, le 13 octobre 2017.

Le lien de l’article : http://www.sports.gouv.fr/accueil-du-site/a-la-une/article/A-Strasbourg-la-ministre-s-engage-en-faveur-du-sport-sante

 

La bonne nouvelle du jour : un nouveau dispositif sport-santé sera mis en place pour les seniors de la région Grand Est

De bonnes nouvelles pour les seniors de la région Grand EST. Le DNA a publié dans son édition du 7 février 2017 un article sur un nouvel dispositif sport mis en place pour les seniors. Retrouvez plus bas l’article publié dans le journal

Le sport sur ordonnance élargi aux seniors fragilisés

Pour la première fois, le dispositif sport-santé sur ordonnance sera accessible aux personnes non atteintes d’une maladie chronique. Objectif : prévenir la parte d’autonomie des personnes âgées, due notamment aux chutes qui affectent leur physique et leur mental, par l’activité physique qui renforce leur confiance en eux et les sociabilise.

Les dégâts collatéraux des chutes

Depuis le lancement de l’opération, une équipe municipale d’éducateurs « sport santé sur ordonnance » a été créée. Ces agents orientent les bénéficiaires vers deux séances d’activité physique hebdomadaire qui leur conviennent le mieux, en fonction des recommandations du médecin et d’une évaluation des habitudes en matière de pratique d’activité physique.

Après une chute, outre le traumatisme physique, les personnes âgées peuvent perdre confiance en elles et réduire ainsi leurs activités. Conséquence : leur vie sociale se dégrade, tout comme leur autonomie.

Pour réenclencher un processus positif, pour nombre de ces accidentés, la première approche consiste à apprendre ou réapprendre la pratique du vélo ou de la natation, afin de vaincre leur appréhension pour reprendre confiance en eux. Les pratiques douces sont souvent préconisées : marche nordique, éveil musculaire, gym pilâtes ou fitness débutant, rameur en salle, vélo-ergo en salle ou encore aquagym.

Gratuit, puis tarification solidaire

Durant la première année d’activité, les patients bénéficient de la gratuité d’accès. Les deux années suivantes, une tarification solidaire est mise en place : ils doivent s’acquitter de 20 €, 50 € ou 100 € par an, en fonction de leurs coefficients familiaux.

Cet élargissement du dispositif aux personnes fragilisées a été présenté hier à la « conférence des financeurs » par le maire Roland Ries, le président du Département Frédéric Bierry et la directrice générale déléguée Grand Est de l’Agence régionale de Santé (ARS), Marie Fontanel, au Centre Bien Vieillir AGirc Arrcos Grand Est.

Pendant qu’à l’étage, on suait dans la salle de sport : presque tous les ergocycles sont occupés. Thierry, 62 ans, ancien commercial à la retraite, y effectuait sa séance de 50 minutes. Il a été opéré des valves du cœur. « Je ne faisais pas du tout du sport. Avec mon accident au cœur et ce dispositif, je vois désormais les choses différemment. »

Article publié dans le DNA, le 7 février 2017 

Auteur: Phillipe DOSSMANN

 

Strasbourg : La prise en charge des enfants obèses ou en surpoids s’étend à toute la ville en 2016

Article proposé par « 20 Minutes », publié le 03/01/2016 par Alexia Ighirri :

SANTE : Le programme Precoss, expérimenté jusqu’alors dans trois quartiers de Strasbourg, va être déployé dans toute la ville cette année.

Anaïs conseillerait le dispositif à d’autres adolescents pour obtenir de l’aide. Et ça tombe plutôt bien puisque plusieurs autres enfants strasbourgeois pourront être concernés par le programme Precoss, étendu à toute la ville en 2016.

Cette jeune habitante du quartier de Hautepierre, âgée de 12 ans, est prise en charge depuis 15 mois par Precoss, cette expérimentation strasbourgeoise qui propose d’accompagner les enfants en surpoids ou obèses pendant trois ans sur l’aspect nutritionnel mais aussi sportif et psychologique.

Moins de grignotage, plus de sport

Au départ, Anaïs était un peu stressée à l’idée d’être suivie dans le cadre du dispositif Precoss : «Elle avait peur des moqueries, raconte sa mère. Mais elle s’est bien intégrée».

Surtout que la jeune fille a pu, grâce à ce programme, apprendre à limiter les grignotages mais aussi apprécier les cours de cuisine et se mettre au sport, qui est devenu une passion. « Avant, je n’avais que faim. Je mangeais beaucoup de gâteaux », confie Anaïs qui envisage désormais de s’inscrire aux cours de karaté ou de rugby. Et quand elle propose à sa mère de faire « un gratin de légumes ce soir », sa maman se dit « très fière ».

Pas de régime

Le but du programme ? « Ce n’est pas de faire un régime, répond Dr Thibault Mutel, référent du dispositif Precoss depuis deux ans, mais d’essayer de régler les écarts en tenant compte des habitudes et des cultures. Il ne s’agit pas de perdre absolument du poids mais de prendre conscience: ce qui se joue enfant, ce sont les habitudes prises pour la vie d’adulte. »

L’infirmière Stéphanie Ringenbach renchérit : « Certains ont peur parce qu’ils pensent que c’est un régime or ce n’est pas injonctif ou strict, on s’adapte toujours ». Ainsi, les objectifs fixés entre les professionnels et les familles doivent être atteignables puisque les enfants doivent avant tout reprendre confiance en eux.

Un problème de sédentarité aussi

C’est l’infirmière qui est chargée des inclusions des enfants (premier rendez-vous), de coordonner leur suivi auprès des différents intervenants puis de faire le point avec les familles tous les six mois environ. « On est très souvent sur un problème d’alimentation et de sédentarité chez l’enfant mais aussi dans la famille. Ils passent beaucoup de temps devant les écrans. Il faut trouver un équilibre entre la sédentarité et l’activité physique. » Beaucoup de parents viennent aussi chercher un soutien : « Ils connaissent le message mais le mettre en place au quotidien nécessite un soutien extérieur », explique Stéphanie Ringenbach.

En marge des rendez-vous avec les professionnels, des journées pédagogiques et sportives sont également organisées durant l’année.

A ce jour, 164 enfants ont été pris en charge par le programme, qui aura été un peu victime de son succès. L’objectif fixé pour la première année d’expérimentation de la centaine d’enfants accompagnés par Precoss a été vite dépassé. Au point de devoir suspendre les inclusions. « On savait qu’il y avait un besoin, souligne le Dr Mutel. On a réussi à capter pas mal de gens. Quand on offre les outils les gens s’en saisissent »

D’autant plus que le programme strasbourgeois dépasse en quelque sorte le cadre de la santé : « On est un vrai lien dans le quartier avec les associations, les centres socioculturels… On relaye les informations pour que ces personnes, qui sont quand même assez isolées, connaissent mieux leur quartier », estime Stéphanie Ringenbach.

Le Sport Santé sur Ordonnance redémarre à partir de septembre 2016

Pour la deuxième saison consécutive, dans le cadre du dispositif Sport Santé sur Ordonnance, le partenariat entre l’Eurométropole de Strasbourg et l’association Vit’Activ est renouvelé.

Quatre créneaux d’activités physiques adaptées et de santé sont proposées :

  • Deux créneaux d’activité « Renforcement musculaire »
  • Un créneau d’activité « Tchouk ball »
  • Un créneau d’activité « Endurance »

Les séances débutent à partir de septembre 2016 jusqu’à mi-juillet 2017.

Pour plus d’informations, consultez notre rubrique dédiée au Sport Santé sur Ordonnance.