POUR LE MINISTÈRE DES SPORTS, L’ACTIVITÉ PHYSIQUE, C’EST ÉCONOMIQUE

Article publié en février 2018 sur l’excellent site Malades de Sport

De larges économies pourraient être réalisées dans les dépenses de santé publiques grâce aux politiques d’incitation à la pratique d’une activité physique. C’est ce que veut montrer une note d’analyse produite par le Bureau de l’économie du sport, intitulée “Activité physique, santé et qualité des finances publiques” et publiée mercredi 31 janvier 2018. En voici une synthèse.

D’abord, des constats. Alarmants : non seulement l’inactivité est responsable d’un million de décès par an au sein de l’Union européenne, mais près de 59 % des citoyens européens déclarent ne pratiquer que “rarement” une activité physique, voire “jamais” pour 42 % d’entre eux. La tendance s’est même aggravée en France, puisque ce premier pourcentage a augmenté de 8 points par rapport à la même étude menée en 2009, tandis que les pratiquants “réguliers” reculaient de 5 points.

Ce fléau de la sédentarité, la note SportÉco n°11 l’explique notamment par “le développement des transports et la transformation des modes de vie”. Comme un aveu, à l’épidémie d’obésité, il impute des causes qui “ne reposent pas uniquement sur les choix individuels”.

Le manque d’activité physique est évidemment pointé. Mais, et c’est d’ailleurs formulé clairement dès les premières lignes : s’il est désormais admis que l’activité physique réduit les risques associés à de nombreuses maladies chroniques, le gouvernement a besoin d’éléments économiques tangibles pour la promouvoir. D’autant plus “dans une logique d’efficacité de la dépense”. Le voilà, l’objet de ce rapport.

UN SALARIÉ ACTIF EST UN SALARIÉ PRODUCTIF

L’objectif est de “déblayer le sujet du sport-santé et d’évaluer l’impact économique de politiques de promotion de l’activité physique”, explique l’auteur, Nicolas Blanchard, chargé de mission. Pour cela, il s’est basé sur des études “pertinentes” à la méthodologie “robuste”, listées en annexe. On y trouve, par exemple, une revue de littérature du Cnaps (Conseil national des activités physiques et sportives), datée de 2008, qui chiffre “l’économie annuelle réalisée par une personne active (30 minutes de marche par jour)” à 250 €. Une autre du CEBR (Centre of economics and business research) évaluait en 2015 les coûts de la sédentarité à 80 milliards d’euros par pour l’Union européenne, dont 9,5 milliards pour la France.

Problème : ces études ne sont jamais tout à fait comparables, dans le sens où elles ne concernent pas toujours les mêmes pathologies, mais surtout qu’elles ont des approches différentes. La plus“compréhensible et transparente” serait d’identifier les pathologies pour lesquelles la sédentarité est un facteur de risque, de calculer la proportion de cas évités grâce à l’activité physique, et d’attribuer cette part aux dépenses de santé. Les coûts directs, donc (hospitalisations, consultations médicales, consommation de médicaments, dépenses d’imagerie…). On oublie ici les coûts indirects, soit “la perte de productivité lorsqu’un individu quitte son travail, de façon temporaire ou définitive”.

Car au-delà des bienfaits pour la santé, il est prouvé qu’un salarié actif est un salarié plus productif. En évoquant la nécessité de se plier aux “contraintes organisationnelles des individus”, c’est-à-dire en amenant le sport au sein même des lieux de travail, le rapport ne manque pas de souligner que “la généralisation de l’activité physique pourrait jouer un rôle important d’un strict point de vue économique, en améliorant la performance économique collective grâce à son impact présumé sur la productivité”.

17 MILLIARDS

En extrapolant une étude autrichienne à la France, le Bureau de l’économie du sport a chiffré le coût social de la sédentarité à 17 milliards € par an, dont 14 milliards pour les dépenses de santé – le reste pour les coûts indirects. Le rapport indique que “3 pathologies expliquent à elles seules la moitié de ce coût : le diabète de type II (18,6 %), le mal de dos (17,4 %) et les troubles du métabolisme (14,5 %). Le poids des maladies osseuses et des troubles mentaux interpelle également.” De quoi donner des idées au député LREM Belkhir Belhaddad, qui a préconisé, au terme d’une mission pour la commission des Affaires sociales, d’ouvrir le décret du sport sur ordonnance à d’autres pathologies ?

 

Ce graphique de la note SportÉco est tiré de l’extrapolation de l’étude autrichienne à la France. Il montre que même un faible accroissement du niveau de pratique engendre des économies.

Car les finances restent “le nerf de la guerre”, d’autant plus lorsqu’il faut faire attention au portefeuille. Les décideurs politiques font davantage attention à l’efficacité économique des dispositifs.

 

Article publié en février 2018 sur l’excellent site Malades de Sport

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s