Public âgé et activité physique : les règles à respecter

EHPAD 2

Face à un public bien spécifique – personnes âgées, qui débutent une activité physique ou atteintes de problèmes de santé – il faut ajuster minutieusement les séances et les exercices en fonction des différents profils. Illustration avec Florence Bar, 32 ans, coach athlé santé à L’Entente Athlétique Nord Mayenne, qui nous détaille son approche du public seniors et vétérans.

Entraîner des seniors, c’est vraiment différent d’un programme classique ?

Florence Bar : Disons qu’il faut déjà distinguer deux types de publics chez les seniors. Vous avez les jeunes retraités, en bonne forme physique, qui ont pratiqué un sport et vont être capables de suivre des exercices ou des sorties en marche nordique à un rythme soutenu. Mais il y a aussi des personnes qui peuvent souffrir de pathologies, qu’elles soient cardio-vasculaires, liées au diabète, ou à des problèmes articulaires dus à la profession qu’ils ont exercée pendant des années… J’organise donc des groupes de niveaux, voire des créneaux spécifiques aux personnes qui ont ces soucis de santé. Entre des personnes qui peuvent avancer à 7 km/h en marche nordique et d’autres qui vont à 4 km/h, il y a des différences qu’il faut prendre en compte, même si quelqu’un qui a un diabète bien traité peut aller vite. Idem pour les exercices de renforcement musculaire.

Comment adaptez-vous vos séances au public seniors ?

On joue sur le niveau, la durée des séries… Sur la marche nordique, pour les personnes qui souffrent de pathologies, on adapte le rythme de marche, mais aussi le parcours, en privilégiant les endroits plats, sans côtes. Le renforcement musculaire doit aussi être différent pour ceux qui souffrent de problèmes de dos, d’hernies : on effectue du gainage immobile, on ne fait pas d’abdos qui impliquent des mouvements. On joue aussi sur la durée des efforts. Inutile d’aller jusqu’à deux minutes en gainage, mieux vaut effectuer plus de répétitions, mais avec de plus longues pauses.

Vous pouvez être amenée à utiliser des charges pour le renforcement musculaire ?

Des petits ballons, des fit-balls, des haltères d’un kilo, des petits poids aux chevilles, éventuellement, ou des élastobandes. Mais pas de grosses charges, et pas de charges du tout sur les créneaux adaptés aux gens qui ont des problèmes de santé.

Pensez-vous la saison en termes de progression, ou est-ce un paramètre qui ne fait pas partie des variables ?

Bien sûr, il y a une progression indéniable dans la saison, y compris pour les personnes qui ont des problèmes de santé. Mais il ne faut pas oublier pour autant que l’objectif est de se maintenir en forme, pas d’aller vers la compétition. Si les sportifs du groupe peuvent encaisser au fur et à mesure de la saison des marches plus longues, l’objectif en soi n’est pas forcément d’aller plus vite.

Quelles sont les habitudes ou précautions spécifiques que vous avez adoptées vis-à-vis des seniors et personnes âgées ?

On parlait des personnes diabétiques. Pour elles, le risque d’hypoglycémie est plus grand. J’ai donc toujours avec moi des compotes, des barres de céréales… Pendant une séance de renforcement musculaire, j’ai aussi toujours une chaise à proximité, pour qu’une personne puisse d’asseoir si elle en a besoin. Je suis également munie d’un tensiomètre – même s’il ne m’a quasiment jamais servi. Il est aussi indispensable de bien connaître à l’avance quels types de pathologies touchent quelles personnes. Il faut également être très attentif en début de séance, pour déceler un début de fatigue inhabituelle chez quelqu’un, échanger avec lui et s’adapter. Enfin, je conseille aux membres de mon groupe d’avoir avec eux une montre cardio, pour ne pas dépasser une certaine fréquence cardiaque.

Et quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

Ne pas partir sur un parcours trop dur avec des personnes qu’on ne connaît pas, et prévoir des raccourcis pour pouvoir rentrer plus vite que prévu si besoin. Pour l’homogénéité du groupe, il est bon, également, de mettre des petites règles en place. Quand nous sommes sur un circuit de marche nordique, je demande par exemple à ce que le groupe de devant fasse demi-tour à chaque intersection pour rejoindre derrière lui le groupe resté derrière, avant de repartir dans le sens normal. C’est important : cela permet aux plus lents de ne pas se décourager, de ne pas avoir l’impression de ralentir le groupe, tout en permettant aux plus rapides de rester en activité. Par ailleurs, en tant que coach, je reste toujours derrière, avec le dernier marcheur du groupe, afin d’être en mesure de voir tout le monde ou de rattraper quelqu’un qui se serait arrêté devant. D’ailleurs, j’utilise même un sifflet afin de mieux contrôler le groupe, avec des codes : un coup, on tourne à droite, deux coups à gauche, et trois on fait demi-tour. Enfin, il faut régulièrement, en tant que coach, se remettre en question. Il n’est pas inutile de faire des piqûres de rappel sur les pathologies, de refaire des formations. C’est un point important.

Cet article est tiré du site de la Fédération Française d’Athlétisme

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s